American Psycho

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Après le teasing de foufou que je vous avais fait la semaine dernière, je reviens avec ma double lecture d’American Psycho, de Bret Easton Ellis. J’ai enfin regardé le film 15 ans après sa sortie. Certains vieillissent mieux que d’autre…

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Cela va fait 10 ans que j’ai lu cette oeuvre, suite au conseil avisé d’un ami Ô combien brillant (à mes yeux, mes amis sont les gens les PLUS mieux au monde, tenez le vous pour dit) (je sais pertinemment que ‘plus mieux’ n’existe pas, rassurez vous), qui m’en avait fait un résumé parfait pour me décider de l’acheter dans la foulée. C’était la note de l’auteur. (oui ça y est, j’ai décidé que j’étais un auteur et que j’allais parler de moi à la 3e personne. J’ai donc officiellement fondu mon dernier plomb. Merci, bonsoir !),

Je vais commencer par « défoncer » le film, une espèce de bouse infâme. N’ayons pas peur des mots. Je dénonce ! Le film fait vieux, vieillot même. Certes vous allez me dire, c’est pour tous pareil. A quoi je vous répondrai, de la folie naît de l’intemporalité (je suis émue par ce que je raconte moi dis donc). Dans le même type de  folie cocaïnée, on pense aux Affranchis de Scorcese où Ray Liotta devient de plus en plus parano ou encore à Casino, du même réalisateur, avec un De Niro survolté, films qui n’ont vraiment pas pris une ride, qui sont devenus des classiques.

Pourtant ce film, American Psycho,  était une promesse, ne serait ce que par le casting. On retrouve Christian Bale, quelques temps après son rôle dans les Quatre Filles du Docteur March (et ouais, je viens de casser un mythe et cette référence me fera toujours autant rire) (ce film est bien au demeurant, si vous aimez le style larmoyant), et bien avant son succès fulgurant avec la dernière trilogie Batman en date. Christian Bale, qui pour le coup me semble insipide, et dieu sait pourtant que je suis fan de lui. Jared Leto fait aussi parti du casting (baaaave…) mais, pour changer, il disparaît à la moitié du film. Il faudrait vraiment penser à arrêter de le zigouiller au bout de 30 minutes, ca devient lassant (Lord of War, Dallas Buyers Club, pour ne citer qu’eux).Certes il fait de l’ombre aux autres acteurs, mais je suis désolée, ce n’est pas une raison de désoler ses fans de cette manière. Et je ne dis pas ça parce que je suis moi-même complètement fan de lui (petite précision qi vous ne l’aviez pas encore remarqué), mais parce que son génie mérite bien mieux.  La découverte du film reste Justine Theroux : je ne comprends pas que cet acteur n’est pas percé plus tôt, je le trouve profond et ténébreux dans son jeu, avec une voix grave très posée. Est présent également Willem Dafoe, lui d’habitude si charismatique, a, dans cette adaptation, un charisme … de poulpe (genre Robert Patinson : je sens que vous allez toutes me haïr dorénavant). Mais, malgré tout cela le film est… plat. On s’ennuie, on ne comprends pas; pas de suspens, les décors sont vides, creux. En outre, la substantifique moelle du livre n’est, en mon sens, pas respectée. (Qu’est ce que c’est que ça encore ?) Ce terme rablaisien pour dire que la duplicité de Patrick Bateman n’est pas palpable.

Et dans le roman qu’en est il alors?

Et bien Patrick Bateman est la figure du golden boy par excellence des années 1980, dents qui raient le parquet; un appartement de rêve dans Manhattan; des tenues coutures à en avoir la nausée. (On pense à Leonardo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street). A ceci prêt que c’est un Serial Killer. [ALERTE SPOIL] ou qu’il se fantasme en tant que tel. C’est cet ambivalence qui m’a plu dans le roman, cette schizophrénie latente, de chacun des personnages. C’est un jeu de chat et de souris. Tout le monde se connaît sans se connaître. Et c’est la dessus que l’intrigue se joue, sur une identité, celle de Paul Allen, tantôt mort, tantôt vivant et de ces derniers mots « Sans Issue », qui ponctue une parenthèse désenchantée de meutres et de violence. Libre au lecteur de les croire réelles ou fantasmées. D’autant plus que malgré l’inhumanité latente de Bateman, on l’affuble de son frère Sean, anti-héros des Lois de l’Attraction.

Le verdict est sans appel, le livre est absolument génial, alors que le film ne vaut pas la peine que l’on perde 2h de sa vie. Et vous, qu’en avez vous pensé ?

Bon weekend à vous !

Les Lois de L’Attraction

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Pour cette nouvelle semaine, j’avais envie de partager avec vous ma nouvelle lubie : parler… du rendu des livres (que j’ai aimés) adaptés sur grand écran. (Parce que, soyons cohérents, je suis une pipelette invétérée, tout le monde le sait, on ne va pas revenir la dessus). J’espère que l’exercice ne sera pas trop ennuyeux à lire !

Pour cette première série d’articles, j’ai jeté mon dévolu sur mon auteur américain contemporain préféré (au moins tout ça), et dont j’ai déjà fait mention à plusieurs reprises sans vraiment m’y attarder, j’ai nommé, le sulfureux (par sa plume tout du moins) Bret Easton Ellis. Mon choix s’est posé sur son 2d roman, Les Lois de l’Attraction, le plus violent à mon sens. Je vous vois venir de loin, et American Psycho dans tout ça, c’est une aventure magique au pays des Bisounours ? Et bien, nous y reviendrons plus tard (teasing de foufou, j’ai un certain talent pour faire durer le suspens).

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Concrètement de quoi parle Les Lois de l’Attraction ? Et bien d’une descente en enfer de jeunes étudiants, issus de la bourgeoisie américaine, plus paumés les un que les autres. Où soirées riment avec drogue et sexe, et où « excès » est le maître mot. (Pour recontextualiser, nous sommes après tout en 87, en pleine période « Drug, sex & rocknroll »).Ou tout simplement la désillusion derrière le rideau des apparences des campus bien sous tout rapports des Facs américaines. Le roman a cette particularité que le narrateur change à chaque chapitre : ainsi les points de vues adoptés par les principaux personnages diverges, au point de se contredire complètement. On évolue dans un paysage vaseux, mensonger, qu’on ne peut pas complètement décrypter. Ainsi les voix et perceptions sous acides de Sean Bateman – LE jeune premier (comprendre ici irrévérencieux,drogué et queutard), tête à claque à souhait -, Lauren Hynde – romantique invétérée, attendant le retour de son prince charmant s’avérant être un crapaud – , Paul Denton – bourgeois gay esseulé à qui rien ne réussit- et Victor Ward – le dit crapaud, perdu entre drogues dures et capitales européenne – s’entre-mêlent.

On a l’impression de voler un instant de vie à ces personnages. Impression amplifiée par le fait que le roman débute et se termine sur des milieux de phrase comme si ces pages n’étaient qu’une parenthèse de leurs vies. Le dénouement est désastreux pour chacun d’entre eux, comme on peut s’en douter. Dénouement, s’il en est, de ce moment de vie. Car Ellis aime mailler ces romans entre eux. Ainsi on retrouvera Sean dans American Psycho, de la même manière que son frère , Patrick Bateman, fait une apparition ici;  Victor et Lauren reviennent, quant à eux, plus désabusés que jamais dans Glamorama. 

Je suis accroc – littéralement aux romans subversifs. Ils ont cette particularité d’être indémodables. Et bien que cela fasse 28 ans  que Les Lois de l’Attraction a été écrit, il n’a pas pris une ride. On se retrouve dans des traits de personnalités, des situations vécues.

Mais de prime abord, c’est l’affiche du film qui m’avait intriguée. : le kama sutra pour nounours illustré, avec Dawson dans le rôle principal. (On me pardonnera mes goûts de jeune fille en fleur, c’était il y a longtemps, maintenant je n’aime plus que les badass virils … Jared Leto (?) ahem).

Que dire de l’adaptation ? En tant que tel, c’est trop lisse. Bien que le film reprenne les grandes lignes du livre, il reste tout du long dans le politiquement correct. Et le choix des acteurs y est pour quelques choses : James Van der Beek aka Dawson; Jessica Biel aka 7 à la maison… Certes ils sont à contre emploi de leurs rôles habituels, mais ils ne sont pas représentatifs des personnages tels que je les ai fantasmés (plus dans un délire Kurt Cobain et Courtney Love). Et l’intemporalité n’est plus.C’est souvent le problème des adaptations. Tout n’est que perception. On va dire que c’est parce que je suis Poissons et que je perçois le monde de façon « artistique ».

Toutefois en tant que film en lui même, j’ai apprécié le côté déjanté des personnages, qui sont tous perchés et, de fait, attachants. C’est pour une fois une oeuvre à contre pied du fantasme du campus américain parfait. On visite l’envers du décor, qui écorne l’image proprette. Mais on est loin du subversif (quitte à me répéter) : le film est un portrait de jeunes riches qui s’ennuient et s’acoquinent plus que névrosés, perdus dans leurs vies. Mais je ne me lasse pas de le regarder. Je sais, je suis une contraction ambulante.

Et vous, qu’en pensez vous ? Bonne soirée (si je ne vous ai pas assommé avec ce pavé)

3 fourmis en file indienne

Olivier Gay

Après un mutisme de 3 mois, je reviens enfin ! On est content me direz vous. Je vous dois peut être quelques explications. J’ai souffert du syndrome de la page blanche, en quelque sorte, je pense. Beaucoup d’idées, mais pas de mots. Ça m’arrive souvent, et c’est frustrant. Peu de coups de cœur aussi ces derniers temps, et tout simplement, peu de temps. Bref, on s’en moque un peu en fait !

Mais la semaine dernière est sorti le nouveau roman d’Olivier Gay, le 4e volume des aventures de Fitz. En bonne groupie que je suis, je l’ai acheté le jour de sa sortie et l’ai lu … en 3 jours ! Outre la fatigue et la frustration, j’ai retrouvé un certain bonheur dans la lecture, perdue depuis que j’ai refermé sur sa dernière page « La vérité sur l’Affaire Harry Quebert », de Joel Dicker.

Mes goûts en littérature sont éclectiques, je pense que vous l’aviez remarqué.  J’ai un goût prononcé pour les livres subversifs, ce dont le caractère principal est antipathique à souhait, et à une vision très éthérée de la réalité. Le problème, c’est que ce genre d’histoire demande une ‘plume’ pour ne pas tomber dans le vulgaire ni le voyeurisme, et peu l’ont. J’attends donc impatiemment le prochain Brett Easton Ellis. En attendant, je me rabats sur mon premier amour qu’est le polar, et vais donc enfin vous parler de « 3 Fourmis en File Indienne », après cette introduction (beaucoup trop longue, je le concède).

Olivier Gay

Ce que nous en dit le 4e de couverture :

« Fitz deale tranquillement sa coke dans un club parisien quand il reçoit des messages insistants de Bob le hacker, qui a pris la fâcheuse habitude de s’immiscer dans sa vie sans y être invité : « Tu m’avais promis une faveur. Il est temps de passer à la caisse ». En effet, dans l’épisode précédent, Fitz s’était engagé sur l’honneur à lui rendre un service futur en échange de son aide. Le hacker lui demande de se faire passer pour un amateur d’art et le met sur la liste des VIPs invités à la vente aux enchères privée sur l’île du multimilliardaire Philip Munster. Sa mission : se faufiler dans le bureau de l’homme d’affaires et y placer un dispositif de piratage informatique. Pour parfaire sa couverture, il cherche une escort quand il est contacté par Jessica, son ex travaillant à la police judiciaire. Elle a, elle aussi, Philip Munster dans son radar, car il est suspecté de financer des groupes terroristes internationaux. Dans le collimateur des Stups et sous la pression de Jessica, Fitz n’a d’autre choix que d’accepter qu’elle l’accompagne. »

Verdict ?

Au fil des pages, je me suis attachée au personnage de Fitz, malgré l’inégalité des 3 premiers tomes. Cela a donc été une agréable surprise que le cadre habituel de l’action – les nuits parisiennes où il est bon ton de se poudrer le nez (Pulp Fiction est et restera pour moi la référence ultime) – ne soit pas le décor de l’action. 2 des personnages principaux sont relégués au second plan, ce qui a pour intérêt de créer une nouvelle dynamique et de relancer, à mon sens, le souffle de la série. Je ne saurais que vous conseiller de vous plonger dans cette série de polar, au genre nouveau, où le héros l’est malgré lui.

Sur ces (quelques) mots, bonne journée à vous !